Portrait de Shelly Hoarau, représentante du Conseil Associatif curieuse et en perpétuelle évolution

26 juin 2026
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Portrait de Shelly Hoarau, représentante du Conseil Associatif curieuse et en perpétuelle évolution

Shelly Hoarau est, depuis 2025, une des représentantes du Conseil associatif de l’Adapei 33, instance de participation et d’échanges. Portrait d’une jeune femme curieuse, engagée pour ses paires et qui a soif d’apprendre pour devenir la meilleure version d’elle-même :

Je suis Shelly, j’ai 25 ans. Je suis arrivée à 16 ans à l’IMPRo de Cissac-Médoc, en 2016. En 2019, je voulais partir de l’IMPro, je commençais à grandir et je voyais que ce n’était plus ma place. J’étais sur liste d’attente pour l’ESAT Pessac Magellan, parce qu’il n’y avait pas de place dans un foyer. J’habitais chez mes parents, puis chez mes grands-parents. Je suis finalement arrivée à l’ESAT Magellan fin 2019 et j’ai eu une place au FO-FH Cestas en 2021.

J’ai commencé à l’atelier légumerie. Après, j’ai fais la restauration et la propreté. Je suis toujours à l’atelier propreté depuis juillet 2025. Mais ce n’est pas ce je préfère, j’ai envie de changer.

C’est pour ça que je vais dans un lycée ce mercredi, je veux passer un CAP petite enfance. J’aimerais m’occuper des bébés, comprendre leurs besoins, leur langage et travailler en crèche.

L’Adapei 33 va m’aider dans ce projet. Ça commencerait en octobre, sauf si je vais à La Réunion cet été, là où j’ai de la famille. Je vais peser les pour et les contre.

Quand je suis arrivée à l’Adapei 33, je n’avais pas de projet, je ne savais pas trop ce que je faisais ici, je n’avais rien dans la tête. Mais quand je suis partie au Portugal en vacances l’été dernier, il s’est passé quelque chose. Découvrir le pays, ça m’a changé et je me suis dit qu’il fallait un projet personnel dans ma vie. L’Adapei 33 m’a aidé aussi, c’est bien parce qu’on découvre, on apprend de nouvelles choses et on évolue dans la vie, on trouve notre place.

Au début, ça ne m’intéressait pas. Je ne me voyais pas dedans ! Quand David (autre résident du Foyer) était président du CVS, il en parlait beaucoup et ça m’a interpellé. Je voulais en découvrir plus, alors je me suis présentée comme élue… je ne m’attendais pas à ce que les personnes votent pour moi. J’étais surprise, mais contente ! Je ne regrette pas. Je suis présidente depuis les élections de 2024. Une dizaine de candidats se sont présentées, et j’ai eu 57 votes sur environ 80 personnes.

J’ai eu de nouvelles responsabilités : faire les comptes-rendus, écrire les questions de tous les pavillons, préparer les dates, quand je ne dois pas travailler… C’est une grosse organisation, il faut penser à tout !

J’ai appris beaucoup de choses depuis que je suis élue, ça m’a fait grandir et devenir une meilleure personne. Je découvre qui je suis au fond de moi, même si je ne veux pas montrer toutes mes émotions, car normalement je cache beaucoup de choses. Mais plus je suis au CVS, plus ça me fait évoluer. J’y suis bien.

On parle de ce qu’il se passe dans le foyer et dans chacun des établissements, pour faire évoluer les choses. On parle de plusieurs thèmes, par exemple l’hygiène ou l’écologie. On se donne des conseils, Véronique (Barp) nous explique. On découvre aussi ce qu’on peut faire ou pas, et on apprend au Conseil Associatif.

Je représente les personnes, mais je ressens rarement que je parle pour tout le monde. Pour les voeux 2026, par exemple, ça m’a fait bizarre. Mais ça me fait me sentir bien, car je dépasse ma timidité, mon stress et je vais encore plus loin. Pour ça, je parle au nom de tout le monde.

Je pense que le Conseil Associatif c’est bien, il faut continuer. C’est ce qui nous permet de grandir de voir plus loin ensemble. Ce que je ressens au Conseil Associatif, c’est de la paix. On est comme une famille, il y a de la douceur.

Le futur est positif, parce que tout ce qu’on fait aujourd’hui nous fait encore plus avancer, et j’ai l’impression qu’on sera encore meilleur si on continue.

Je verrai si je me représente au CVS l’année prochaine. Je me dis qu’il faut laisser la place aux autres. J’hésite, même si je ne suis pas allée au bout de tout ce que je voulais faire.

Pour les personnes qui hésitent à s’engager, je dirais que c’est normal d’hésiter, de stresser. On ne sait jamais à l’avance comment répondre, mais il faut se lancer, c’est que comme ça qu’on peut y arriver. Moi au début, je stressais, mais avec le temps, on grandit. Il faut te laisser le temps, bien réfléchir à ce que tu veux dire et ta parole sera tienne.

Pour les personnes en situation de handicap en général, j’aimerais changer le regard sur nous. Ne plus nous faire critiquer. Avec juste ces deux choses, tout serait meilleur, pour nous et pour moi.

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