CNH 2026 : des orientations qui font écho à notre projet associatif, mais encore beaucoup à concrétiser

11 septembre 2026
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CNH 2026 : des orientations qui font écho à notre projet associatif, mais encore beaucoup à concrétiser

La Conférence nationale du handicap (CNH) s’est tenue le 4 septembre à Bobigny, après avoir été reportée en juin en raison de la canicule. Au programme : 16 engagements et 65 mesures pour les trois prochaines années.

Accessibilité, école, emploi, habitat, santé, citoyenneté, transformation du médico-social… Sur le papier, de nombreux sujets répondent aux préoccupations des personnes en situation de handicap, de leurs familles et des professionnels. Mais au-delà des annonces, que faut-il réellement retenir de cette CNH 2026 ?

Une ambition qui ne peut que nous rassembler

Le cap affiché par cette nouvelle CNH est de passer d’une société inclusive à une société « pleinement accessible », dans laquelle chaque personne peut choisir la vie qu’elle souhaite mener, construire son parcours et exercer ses droits.

Difficile de ne pas partager cette ambition. L’accessibilité ne se limite pas à pouvoir entrer dans un bâtiment. Elle concerne l’école, le travail, le logement, les soins, les transports, la culture, le sport, les démarches administratives, le numérique… En résumé, la possibilité d’accéder réellement au droit commun et de choisir son parcours de vie.

La CNH remet ainsi sur le devant de la scène des principes que l’Adapei 33, et plus largement le secteur associatif défendent depuis longtemps : pouvoir choisir où vivre, apprendre, travailler, se soigner, participer à la vie de la cité et exercer pleinement sa citoyenneté.

La question est désormais de savoir comment ces principes se traduiront concrètement dans la vie quotidienne.

Transformer l’offre médico-sociale : oui, mais avec quels moyens ?

C’est probablement l’un des engagements qui résonne le plus avec les réflexions actuellement menées à l’Adapei 33. La CNH entend « faire du médico-social un levier de transformation de la société » en pensant davantage l’accompagnement autour de la personne.

L’orientation rejoint les évolutions déjà engagées dans le secteur : proposer des réponses plus souples, décloisonner les établissements et services, développer les interventions dans les lieux de vie ordinaires, travailler davantage avec l’école, les entreprises, le logement, les acteurs de santé et, plus largement, les dispositifs de droit commun.

Cette transformation est nécessaire. Mais elle ne peut pas se résumer à transformer les organisations existantes ou à demander au secteur médico-social de faire différemment avec les mêmes moyens.

Accompagner davantage de personnes dans leur environnement, développer de nouvelles réponses, coordonner des parcours parfois complexes et garantir la qualité de l’accompagnement nécessitent du temps, des professionnels formés et des moyens adaptés.

Sur ce point, les orientations sont posées. Les conditions concrètes de leur mise en œuvre restent encore largement à préciser.

Autodétermination : passer du principe à la réalité

Autre fil rouge de cette CNH : permettre aux personnes en situation de handicap de choisir leur parcours et de prendre pleinement part aux décisions qui les concernent.

La volonté de définir et reconnaître les associations de personnes en situation de handicap et de garantir leur participation aux instances constitue notamment un signal intéressant. Tout comme les mesures annoncées autour de la citoyenneté, de l’accès au vote ou de la capacité juridique des majeurs protégés.

Cette orientation rejoint directement le principe du « Rien pour nous sans nous » de l’association Nous-Aussi.

Mais donner davantage de pouvoir d’agir aux personnes suppose aussi de créer les conditions nécessaires à leur participation : rendre l’information accessible, développer la Communication Alternative et Améliorée (CAA), proposer du FALC lorsque cela est nécessaire, laisser du temps à l’expression et adapter les modes de décision.

L’autodétermination ne peut pas rester un principe affiché. Elle doit pouvoir se vivre au quotidien, y compris pour les personnes ayant les besoins d’accompagnement les plus importants.

L’école inclusive : une ambition qui doit se traduire sur le terrain

La CNH réaffirme également l’objectif de « garantir la scolarisation de chaque enfant au sein de l’école », en renforçant notamment la coopération entre l’Éducation nationale et le secteur médico-social.

Là encore, l’orientation va dans le bon sens et correspond aux évolutions déjà engagées avec les unités d’enseignement externalisées, les dispositifs intégrés ou encore les pôles d’appui à la scolarité.

Mais l’accès à l’école ne suffit pas à garantir une scolarisation réellement inclusive.

Encore faut-il disposer des compétences, des accompagnements et des adaptations nécessaires pour que chaque enfant puisse apprendre, progresser et trouver sa place à l’école. La coopération entre l’Éducation nationale et le médico-social sera donc déterminante, à condition qu’elle repose sur des moyens suffisants et sur une véritable complémentarité des expertises.

Emploi : donner réellement le choix

La CNH affiche également l’ambition de « permettre à chacun de choisir son emploi et développer ses compétences professionnelles ».

Plusieurs pistes sont avancées : renforcer l’emploi accompagné, soutenir l’apprentissage des jeunes en situation de handicap, améliorer l’accessibilité des entreprises ou encore ouvrir une concertation sur l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés.

Le développement de l’emploi accompagné doit notamment se poursuivre avec un objectif annoncé de 20 000 bénéficiaires d’ici 2028.

Cette volonté de favoriser le choix du parcours professionnel rejoint les transformations actuellement à l’œuvre dans les ESAT et les Entreprises Adaptées : développement des compétences, passerelles vers le milieu ordinaire, mises à disposition, parcours mixtes…

Mais là encore, le mot important est bien celui de choix. L’inclusion professionnelle ne peut pas signifier qu’un modèle unique conviendrait à tous. Certaines personnes souhaitent rejoindre le milieu ordinaire, d’autres trouvent en ESAT un environnement professionnel adapté à leurs besoins et à leur projet. L’enjeu est donc moins d’opposer les dispositifs que de permettre de véritables parcours, avec des passerelles possibles dans les deux sens.

Autisme et TND : des besoins encore immenses

La CNH annonce également la préparation d’une nouvelle stratégie nationale pour l’autisme et les troubles du neurodéveloppement pour la période 2027-2032.

Trois priorités sont annoncées : mieux repérer et accompagner dès le plus jeune âge, renforcer les réponses pour les adolescents et les adultes et apporter davantage de solutions aux situations complexes.

Sur ce sujet, le constat posé est important : malgré les avancées des dernières années, les besoins restent considérables, notamment à l’âge adulte et pour les personnes dont les situations nécessitent des accompagnements renforcés.

Pour les familles comme pour les professionnels, l’enjeu sera donc de voir comment cette nouvelle stratégie permettra de créer effectivement des réponses là où elles manquent encore et d’assurer leur continuité tout au long de la vie.

Simplifier les droits : une promesse particulièrement attendue

La simplification des démarches administratives revient une nouvelle fois parmi les priorités nationales. La CNH prévoit notamment de permettre aux MDPH de se recentrer davantage sur « l’accompagnement humain ».

L’intention répond à une réalité bien connue des personnes et des familles : dossiers complexes, renouvellements, délais d’attente et multiplicité des interlocuteurs peuvent encore transformer l’accès à un droit en véritable parcours administratif.

Toute simplification sera donc bienvenue, à condition qu’elle se traduise réellement dans le quotidien des personnes.

65 mesures : maintenant, place à la mise en œuvre

Cette CNH pose finalement de nombreux principes auxquels l’Adapei 33 ne peut que souscrire : davantage de choix, de pouvoir d’agir, d’accès au droit commun et une société pensée pour être accessible à tous.

Elle reconnaît également la nécessité de poursuivre la transformation du secteur médico-social et de mieux articuler son expertise avec celle des acteurs de droit commun.

Mais entre l’ambition affichée et sa traduction dans la vie quotidienne des personnes, le chemin reste à construire. Car derrière la transformation de l’offre, l’école inclusive, l’emploi, l’habitat ou l’accès aux soins se pose toujours la même question : quels moyens humains et financiers seront mobilisés pour rendre ces droits réellement effectifs ?

À ce stade, toutes les réponses ne sont pas encore connues. Le comité de suivi annoncé le 29 septembre doit justement détailler les 65 mesures et leurs plans d’action.

Il faudra donc regarder au-delà des annonces, leur calendrier, leur financement, leur déclinaison dans les territoires et, surtout, les changements qu’elles produiront concrètement dans la vie des personnes en situation de handicap et de leurs familles.

C’est au regard de leur impact réel dans les territoires que pourront réellement être évaluées les ambitions affichées par la CNH 2026.

Pour aller plus loin…

La Conférence nationale du handicap (CNH) 2026 | handicap.gouv.fr | Ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées

Découvrez les 16 engagements et les 65 mesures dans le Dossier presse CNH 2026

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